savoir dire non

Apprendre à dire non

Chaque jour, nous devons faire des choix dans notre vie personnelle et professionnelle. Bien souvent, ce choix est binaire, c’est oui ou c’est non. Parfois, c’est peut être ou encore on repousse la décision à plus tard, autrement dit à jamais. On remarque d’ailleurs que les personnes indécises, peu affirmées, qui manquent de confiance en elles ont du mal à dire non.

Un axe important du développement personnel est l’affirmation de soi. A cet effet, savoir dire non est une étape essentielle.

Savoir dire non? Un réflexe acquis dès le plus jeune âge

Tous les enfants ont une période où ils disent non de façon systématique. Cette période se situe sur quelques semaines ou quelques mois entre 2 et 4 ans. Fort heureusement, l’enfant comprend rapidement que son intérêt n’est pas d’être dans l’opposition perpétuelle aux décisions de ses parents. Cependant, cela constitue l’une des premières étapes dans la construction de l’affirmation de soi. Il ne faut donc pas nier à l’enfant le pouvoir de dire non. Au contraire, il faut lui apprendre à doser ce non pour lui donner plus de poids et le rendre ainsi indiscutable.

A l’adolescence, on redit non!

Après une période d’accalmie, l’enfant connaît une nouvelle période de transformation importante. Il passe en quelques années du stade d’enfant au stade d’adulte. Durant cette phase de l’adolescence, le jeune adulte doit de nouveau s’affirmer pour prendre confiance en lui. Il se sent en décalage avec son entourage et tombe facilement dans le non d’opposition. Ce non est une manière d’exister à un moment où il est en quête de repères. C’est souvent un moyen pour gagner de petites victoires morales face à ses parents dans la grande guerre de l’existence. Plus tard l’adolescent prendra conscience que sa position d’opposition souvent puérile n’était pas justifiée. Mais ça, il ne pouvait pas le savoir sans l’expérience acquise à l’âge adulte.

A l’âge adulte, on ne dit plus non

Dans notre société occidentale, à l’âge adulte, les gens ne savent souvent plus dire non. Dans le milieu professionnel, le non est vécu comme un refus de l’autorité. Les personnes ont peur des conséquences de ce non : être mal vu voire perdre son emploi. Dans la vie sociale, plutôt que de dire non, beaucoup de personnes choisissent l’évitement. Ces attitudes défensives ont de lourdes conséquences sur notre quotidien. Nous acceptons de faire des choses que nous ne voulons pas faire. Nous encaissons, nous supportons et quand la coupe est pleine, elle déborde!

Savoir dire non, c’est une question de bonne santé mentale

Il est toujours stupéfiant de constater comme certaines personnes sont capables d’accepter des contraintes énormes plutôt que d’avoir à dire non. Les conséquences du non sont imaginées comme étant supérieures aux contraintes engendrées par l’absence de refus. En refusant de dire non à l’autre, vous vous dites non à vous même!

Voici les conséquences :

  • A chaque fois que vous refusez de sauter l’obstacle, il devient un peu plus haut et difficile à sauter.
  • Vous perdez confiance en vous.
  • Vous vous dévalorisez en acceptant de faire des choses que vous n’imagineriez pas devoir faire.
  • Vous créez de la frustration, du stress et de l’angoisse.
  • Vous renvoyez aux autres l’image d’une personne faible, sans envergure, incapable de s’affirmer, à qui on peut demander n’importe quoi.
  • Vous vous enfermez dans la prison du oui, celle où vous vivez la vie que les autres ont décidé de vous faire vivre plutôt que celle que vous aimeriez vivre.

Tout cela juste à cause d’un petit non! Cela vaudrait peut être le coup d’essayer non?

Les bénéfices du non

Dans l’entreprise, il y a énormément de bénéfices à savoir dire non! Ma vie professionnelle a changé le jour où j’ai commencé à dire non. On m’a confié plus de responsabilités. On m’a donné plus d’autonomie. Pourquoi? Parce que l’on savait que si j’étais capable de dire non, c’est que je ne dirais pas oui à toutes les demandes qui pourraient mettre en jeu la bonne santé de l’entreprise. Et oui, vous n’y aviez pas pensé à ça! En refusant de dire non, vous vous mettez en situation d’être un employé à qui on ne confiera jamais de responsabilités importantes.

Dans le couple, il n’y a rien de pire que l’indécision. Elle est vécue comme une immense frustration. Le non est tranchant, clair et précis. L’indécision est une espèce de nuage de fumée que vous mettez en face de votre partenaire.

Cet écran de fumée sera interprété de diverses manières plus ou moins flatteuses :

  • Elle ne veut pas me faire plaisir.
  • Elle ne m’aime pas.
  • Elle ne veut rien faire avec moi.
  • Elle a un amant.

L’indécision donne lieu aux fantasmes et aux malentendus les plus dévastateurs pour le couple. Un non bien argumenté permettrait d’amener le débat sur une troisième voie entre le oui et le non, celle du compromis, de la solution qui conviendra aux deux protagonistes. L’indécision laisse l’autre frustré par l’incompréhension.

Dire non, c’est se libérer d’un poids. Cela permet de renforcer l’estime que l’on a de soi. Cela ouvre la possibilité de négocier. Cela permet d’équilibrer une discussion, une relation. Il faut sortir de la relation dominant dominé pour se positionner sur une situation plus neutre et équilibrée où l’échange est possible.

Comment savoir dire non!

Il est très intéressant d’observer la manière dont les gens disent non. Il y a le non fuyant, celui qu’on ne veut pas assumer. Il y a le non agressif, celui de la colère. Et puis il y a le non apaisé, de la personne qui a réfléchi sa décision et est prêt à la discuter de manière posée.

Savoir dire non, c’est donc avant tout une question d’attitude et d’arguments. Il faut respecter l’autre, écouter sa position puis calmement mais sereinement exprimer votre position, sans précipitation ni agressivité. Vous avez le droit de dire non. C’est une formidable possibilité offerte dans nos sociétés modernes. Songez juste qu’il y a encore des pays où le non peut avoir de très lourdes conséquences. Ce n’est pas le cas chez nous alors vous auriez tort de vous en priver.

Et puis savoir dire non, c’est enfin exister. C’est prendre conscience que l’on peut faire émerger une position différente de la position dominante. Le non libère, il émancipe. En disant non, vous allez enfin pouvoir vivre votre vie, celle que vous avez décidé de vivre!

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